La Presque Fin – Chapitre 2 : Blanc

Partout où elle allait, Carter Mills était une tornade qui drainait vers elle tous les regards. Lorsque l’on demandait à sa famille ou à ses amis de la décrire, tous n’avaient qu’un seul mot à la bouche : rayonnante.

Il était impossible de ne pas la remarquer.
Sa chevelure blonde ambrée éclairait son passage. Ses yeux bleus, pourtant turquoises, dégageaient une telle confiance personnelle qu’ils en devenaient froids. Sa bouche, si rouge, si pulpeuse, esquissait toujours de nombreux mais brefs sourires. Ils permettaient simplement d’apercevoir sa dentition parfaite, éclatante.
Mais à chaque fois, très vite, le visage de Carter Mills redevenait impassible, impénétrable.

La plupart des personnes qui l’avaient connue ou simplement aperçue en parlaient donc avec admiration, admiration teintée de jalousie. Nombreux étaient ceux qui lui en voulaient. Carter Mills était une jeune femme qui, comme ils disaient, avait tout pour elle. Pourtant, elle n’avait rien demandé. Issue d’une famille bourgeoise, elle avait également été pourvue d’une beauté hors-norme.
Bien qu’elle n’ait rien choisi de tout cela, c’est ce qui conditionna sa vie.

Depuis son enfance, elle avait eu tout ce qu’elle voulait. Elle avait toujours été populaire. Elle avait également réussi ses études brillamment et était devenue vétérinaire. Elle s’était mariée avec un homme charmant, intelligent, épanoui et issu lui aussi d’un milieu aisé.
Tous ses désirs étaient comblés, peut-être même parfois trop.

Cependant, Carter n’avait jamais réellement eu d’amis à qui elle pouvait se confier. Les garçons qui la côtoyèrent, puis les hommes, ne le faisaient que par intérêt et par espoir de pouvoir posséder son corps. Les filles, puis les femmes, se rassemblaient autour d’elles pour participer à l’attention qu’elle générait partout où elle passait. Être amie avec Carter Mills, cela permettait de se montrer et d’être bien vu. C’était donc de la jalousie, de l’envie et parfois même de la haine qui se dégageait des groupes de filles qui gravitaient autour d’elle.

Alors, très tôt, elle avait appris à se confier aux animaux. Aucun intérêt caché ne déguisait leurs actes. Ils l’aimaient et ressentaient cette solitude qu’eux seuls pouvaient percevoir. Carter ne pouvait donc parler à personne. Si jamais elle se serait plainte, personne ne l’aurait compris. Au regard des autres, elle avait tout. Elle était donc forcément heureuse. Les choses n’allaient pas plus loin.

Carter Mills avait 26 ans lorsque la Presque Fin eut lieu.
Après avoir passé 26 années à attirer tous les regards, elle devint celle sur qui le regard du monde entier était tourné. On pouvait croire qu’elle y était préparée.
Elle ne l’était pas.

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